Enfants et jeunes adultes

Santé mentale et difficultés scolaires

Les pathologies cérébrales sont très variées, chaque pathologie cérébrale est spécifique selon sa localisation, son stade et ses dimensions.

La maladie et ses impacts bouleversent la vie et affectent la santé physique et le bien-être émotionnel.

Les différents traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie etc) peuvent entraîner des séquelles.

Les séquelles possibles…

Attention, il s’agit de risques et non de fatalité

Troubles moteurs

Lenteur psychomotrice et difficultés de coordination peuvent persister.

Troubles cognitifs

Difficultés d’apprentissage, de mémoire et de concentration sont fréquentes.

Troubles psychosociaux

Manque d’habiletés sociales.

Fatigue chronique

Une fatigue persistante peut compliquer le quotidien et la vie scolaire et plus tard professionnelle.

Changements d’humeur

Des variations d’humeur fréquentes peuvent affecter les relations sociales.

Effets tardifs

Certains problèmes apparaissent des mois, voire des années après le traitement.

qui peuvent entraîner des difficultés…

Les circonstances

  • Absentéisme scolaire fréquent
  • Rééducation impliquant moins de loisirs
  • Non participation aux cours d’éducation sportive

Les séquelles physiques

  • Handicap visible ou invisible

Les séquelles psychologiques

  • Traumatisme lié à une maladie grave
  • Difficulté de séparation avec les parents
  • Sentiment d’être différent
  • Anxiété, dépression, troubles du sommeil

Les séquelles cognitives

  • Difficultés d’attention
  • Lenteur
  • Difficultés de mémoriser
  • Troubles DYS
  • Manque d’habiletés sociales

…avec pour conséquences

Troubles des apprentissages

  • Besoin de plus de temps pour comprendre,
  • Se fatiguer rapidement,
  • Travailler lentement,
  • Avoir du mal à retenir une consigne,
  • Perdre le fil lorsqu’il y a plusieurs informations à traiter,
  • Avoir des difficultés à s’organiser dans une double tâche : écrire et comprendre ce que dit l’enseignant,
  • Rencontrer des problèmes en lecture, écriture ou mathématiques.

Manque d’estime de soi

et isolement

Manque d’habiletés sociales

  • Rejet par les autres,
  • Moqueries,
  • Peur d’aller vers les autres.

En effet, il existe un lien très fort entre santé mentale, difficultés scolaires et séquelles neurocognitives chez les enfants ayant été opérés en neurochirurgie. Les difficultés scolaires ne sont pas seulement une question de « niveau » ou de « retard », mais peuvent être le signe d’un ensemble de difficultés invisibles.

Le lien peut être expliqué en 4 étapes

1. L’opération et la maladie peuvent modifier certaines fonctions cérébrales

Après une chirurgie cérébrale, l’enfant peut présenter, selon la zone concernée et son parcours de soins, des difficultés d’attention, de mémoire, de vitesse de traitement de l’information, d’organisation, de planification ou de langage. Ces difficultés peuvent parfois apparaître ou devenir plus visibles plusieurs mois ou années après l’intervention.

2. Ces difficultés ont des conséquences directes sur la scolarité telles que décrites dans le schéma ci-dessus

Un enfant peut ainsi donner l’impression d’un enfant distrait, paresseux, démotivé ou ayant « baissé de niveau », alors qu’il s’agit parfois d’une séquelle neurocognitive.

3. À force d’échecs ou d’incompréhension, la santé psychique peut être fragilisée

L’enfant peut progressivement perdre confiance en lui, se sentir différent des autres, avoir peur de l’échec, se décourager ou s’isoler. Les difficultés relationnelles avec les camarades peuvent également renforcer ce sentiment de différence. Les enfants ayant été opérés de tumeurs cérébrales présentent notamment davantage de vulnérabilités psychosociales et émotionnelles.
On peut alors entrer dans un cercle vicieux :
Séquelles neurocognitives → difficultés scolaires → sentiment d’échec → perte d’estime de soi / anxiété → moindre disponibilité pour apprendre → nouvelles difficultés scolaires.

4. Et le phénomène peut fonctionner dans l’autre sens

Il ne faut surtout pas considérer la santé mentale uniquement comme une conséquence des difficultés scolaires.
Un enfant anxieux, déprimé, traumatisé ou très préoccupé par sa maladie peut également avoir davantage de difficultés à se concentrer, mémoriser, participer en classe ou faire ses devoirs. Les troubles émotionnels après un cancer pédiatrique peuvent notamment s’accompagner de difficultés de concentration.
Derrière un enfant qui ne suit plus à l’école, il y a parfois un cerveau qui ne fonctionne plus tout à fait comme avant. Et derrière les difficultés scolaires peuvent apparaître de l’anxiété, du découragement, de l’isolement ou une perte de confiance en soi. »
Le retour à l’école ne signifie pas la fin du parcours de soins. Le suivi doit aussi prendre en compte les apprentissages, la vie sociale, l’estime de soi et la santé psychique.
Chez les jeunes enfants traités pour une tumeur cérébrale, les écarts de niveau scolaire peuvent apparaître très tôt et s’accentuer avec le temps, ce qui plaide pour une intervention précoce plutôt que d’attendre que l’échec scolaire s’installe.

Quelles solutions ?

1. Un suivi psychologique

Rendez-vous avec un psychologue et si possible spécialisé en milieu hospitalier, un pédopsychiatre.
Participation à des groupes de parole (Tête en l’air a constitué un groupe de paroles pour adolescents et jeunes adultes).

2. Soutien familial

  • Mieux communiquer autour de la maladie :
  • Dire la vérité avec des mots adaptés à l’âge.
  • Reconnaître ses émotions : « Je vois que tu as peur / que tu es en colère, c’est normal après tout ça. »
  • Éviter les phrases comme « Ce n’est rien » ou « Sois courageux ».
  • Un enfant se sent plus en sécurité quand ses émotions sont validées.
  • La surprotection excessive peut renforcer l’anxiété.
  • Valoriser l’enfant dans son épreuve
  • Soutien psychologique pour les parents (Tête en l’air propose un groupe de paroles pour les parents).

3. Réintégration scolaire

Agir à la fois sur l’axe des apprentissages et des habiletés sociales

Les apprentissages :

  • Informer l’enseignant des difficultés possibles (problème de mémoire, d’attention, des fonctions exécutives telle que l’organisation des tâches, la logique, le langage, la lenteur).
  • Éviter d’exiger immédiatement les mêmes performances.
  • Valoriser les efforts plutôt que les résultats, rassurer l’enfant, le réassurer dans ses compétences avec sa différence
  • Accompagnement scolaire pour aider l’enfant à s’organiser, à développer une méthode de travail, à comprendre pour acquérir les méthodes de travail le mieux adaptés pour lui. Il faut chercher à se coordonner avec les rééducateurs (orthophoniste, psychomotricien…) et l’école et si nécessaire, faire appel à l’instituteur du service de neurochirurgie et au médecin référent. Organiser les aménagements nécessaires tels que AESH, tiers temps, ordinateur etc.
  • Faire un bilan neuropsychologique à différentes étapes de la scolarité afin de s’assurer que les aménagements sont toujours adaptés aux besoins de l’enfant

Les différentes aides dont peut bénéficier l’enfant

Découvrez les différentes aides sur la page Scolarité aménagée

Les habiletés sociales :

  • Travailler la gestion des émotions (apprendre à identifier, exprimer et réguler ses émotions)
  • Travailler les relations interpersonnelles (apprendre à reconnaître les signaux non verbaux, comprendre l’ironie, gérer la pression du groupe)
  • Apprendre à gérer les conflits
  • Trouver pour l’enfant une activité extrascolaire dans laquelle il peut s’épanouir
  • Surveiller l’isolement social, le repli sur soi

5. Difficultés des parents, de la fratrie

  • Les enfants perçoivent fortement l’angoisse parentale, éviter d’exprimer devant l’enfant ses angoisses concernant son parcours médical.
  • Chercher un soutien psychologique si besoin.
  • Rassurer la fratrie et ne pas la négliger.

En conclusion

Surveiller les signaux d’alerte :

  • Repli social
  • Troubles du sommeil persistants
  • Irritabilité extrême
  • Discours négatif sur soi
  • Idées noires chez l’adolescent

Quelques exemples d’activités favorisant la reconstruction :

  • Activité physique adaptée
  • Art-thérapie
  • Musicothérapie
  • Méditation adaptée aux enfants

Pour aller plus loin

Découvrez notre webinaire « Pathologies cérébrales et intégration sociale »

Vidéo : Webinaire : pathologies cérébrales et intégration sociale - https://www.youtube.com/watch?v=L-clBq3j_ng