Prise en charge de la douleur

L’enfant au cours de son séjour en neurochirurgie pédiatrique peut être confronté à la douleur.

Aujourd’hui, la douleur de l’enfant est reconnue, une loi oblige les soignants à s’en préoccuper et à la traiter. Leur credo :  » les enfants n’ont pas le droit d’avoir mal « . Les parents doivent aider l’équipe soignante à tendre vers la  » douleur zéro « .

La douleur est gérée par les anesthésistes, secondés par l’ensemble de l’équipe soignante.

Evaluer la douleur de l’enfant

La douleur de l’enfant est plus difficile à évaluer que celle de l’adulte, car les enfants connaissent moins de mots et s’expriment souvent par images.

C’est pourquoi observer l’enfant est primordial. La douleur se manifeste différemment selon les enfants : un enfant peut pleurer pour exprimer sa douleur, au contraire, certains enfants ont si mal qu’ils sont atones, ils ne réagissent plus, ne jouent plus. Les parents et les soignants doivent décrypter les comportements de l’enfant, afin d’évaluer sa douleur.

Si jusqu’à 4 ans, seule l’observation permet d’évaluer la douleur de l’enfant, au-dessus de 4 ans, l’enfant peut évaluer lui-même sa douleur. Les soignants l’aident : ils peuvent utiliser une petite réglette ou échelle en papier, ils peuvent demander à l’enfant d’évaluer sa douleur en utilisant ses propres mots…

Mais il ne faut pas seulement mesurer combien l’enfant a mal, il faut aussi évaluer comment il a mal. Si certains enfants utilisent des mots facilement  compréhensibles :  » ça pique « ,  » ça brûle « , d’autres n’expliquent pas leur douleur de façon aussi directe, dans ce cas, il faut les écouter attentivement pour bien interpréter leur propos.

Il ne faut jamais nier une douleur mais en chercher les causes et les composantes.

Traiter la douleur

L’évaluation de la douleur permet de choisir un traitement anti-douleur adapté.

Les traitements anti-douleur sont administrés de différentes façons : sirop, comprimé, pommade, piqûre anesthésiante, mélange gazeux, perfusion, suppositoire, crème suppositoire… La crème anesthésiante et le mélange gazeux sont notamment utilisés pour limiter la douleur causée par une piqûre, des points de suture ou une ponction lombaire.

Il existe trois paliers de médicaments anti-douleur :

– le paracétamol et les anti-inflammatoires pour les douleurs les moins fortes,

– la codéine pour les douleurs moyennes

– les médicaments à base de morphine pour les douleurs les plus fortes.

Il ne faut pas craindre la morphine. A l’hôpital, elle est dosée et administrée à l’enfant en fonction de l’évaluation de sa douleur. Certes, comme tous les médicaments, la morphine a des effets secondaires possibles, mais ils sont prévenus voire pris en charge.

La morphine, utilisée comme traitement anti-douleur par les médecins, ne risque pas d’entraîner de dépendance.

La morphine ne signifie pas  » maladie grave  » : la morphine est prescrite en réponse à une douleur intense quelle que soit la gravité de la maladie ou de l’opération.

La morphine peut être administrée, de façon aussi efficace, par gélules ou par intraveineuse. En cas de douleur très forte traitée par de la morphine en intraveineuse, l’enfant peut avoir une pompe d’analgésie contrôlée. Il gère alors lui-même sa douleur : il s’administre la quantité de morphine dont il a besoin. Pour éviter tout surdosage, le médecin fixe une quantité maximale au-delà de laquelle l’enfant ne peut plus se délivrer de bolus (voir glossaire). Lorsque l’enfant est trop petit pour s’administrer lui-même un bolus, l’infirmière peut le faire à sa place.

Il existe d’autres médicaments qui, associés à la morphine ou seuls, peuvent traiter d’autres formes de douleur.

L’association Sparadrap a conçu des livrets et des fiches pour expliquer la douleur et les traitements anti-douleur à l’enfant    :  » Aïe ! J’ai mal. .. « ,   » Le M.E.O.P.A. (voir glossaire) pour avoir moins mal « ,  » La morphine, un médicament pour avoir moins mal « ,  » Une pompe pour avoir moins mal « …

Glossaire :

Bolus : auto administration d’une quantité prédéfinie de produit

M.E.O.P.A. : mélange gazeux que l’on fait respirer à l’enfant pour atténuer sa douleur lors d’actes douloureux. Ce gaz ne fait pas dormir.